Article "Nord Eclair" du 08 octobre 2010:

« Rester femme avant tout »

À 31 ans, Lidwine Réveillon a créé son activité dans le domaine de la prothésie capillaire. Une petite révélation pour cette Halluinoise qui a choisi, à sa manière, d'accompagner les femmes face au cancer en soulageant le recours à la perruque. Un moment souvent traumatisant.

 

ANGÉLIQUE DA SILVA-DUBUIS > angelique.dasilva@nordeclair.fr
Un joli prénom. Une sensibilité à fleur de peau. Lidwine Réveillon a grandi à Quesnoy-sur-Deûle puis à Linselles où elle a fréquenté le collège Sainte-Marie. Elle vit à Halluin depuis six ans. Grande nageuse, passionnée de cinéma et de photo, Lidwine Réveillon a fait le grand écart dans ses études. Une fac de langues, un BTS tourisme et loisirs, un master en hôtellerie à Paris et enfin une école de commerce. « J'ai eu du mal à trouver ma voie », sourit-elle spontanée. Jeune diplômée, elle devient chargée de développement pour une enseigne lowcost puis collaboratrice chez un promoteur immobilier. Deux expériences professionnelles dont elle ressort pleine de désillusions. Mais grandie.
« Après une belle remise en question, j'ai décidé de me lancer seule. Je cherchais un produit de niche et de l'humain. »

 

 


Chimio : la féminité confisquée 
C'est grâce sa belle-mère, propriétaire d'un salon de coiffure à Lille, que la jeune femme a sa petite révélation. « Un jour, ma belle-mère m'a parlé de ces femmes parmi ses clientes qui font face à un cancer et pour qui le recours à la perruque, pour masquer les effets de la chimiothérapie, est très douloureux. » Lidwine se documente sur le sujet, glane un tas d'infos sur la prise en charge des prothèses capillaires, rencontre différentes associations, sollicite des cancérologues... « Les médecins ne sont pas vraiment sensibilisés au sujet, ils n'ont pas le temps. Pour les patientes, la perte des cheveux est une détresse de plus ajoutée à la maladie. Beaucoup de femmes ne sortent plus de chez elles, se coupent complètement de leurs amies... Les cheveux, ça touche tellement à la féminité », poursuit Lidwine. Son idée : apporter ce soulagement aux femmes pendant la thérapie. « Je me suis aperçu que le choix était très limité sur le marché. Mon souhait était de développer une gamme répondant à tous les styles et surtout d'apporter du conseil. » Elle veut dépoussiérer l'image un peu désuète de la perruque à la Suelen.

De l'écoute, du réconfort 
Lidwine contacte le leader européen de la prothésie capillaire, une maison allemande. « Ils ont été très sensibles à ma démarche et tout s'est mis en place très vite. » La jeune femme travaille essentiellement par internet, se rend au domicile de ses clientes ou les reçoit au salon de coiffure de sa belle-mère. Lidwine propose une centaine de références pour des budgets de 125 à 500 euros. La prise en charge de la Sécurité sociale est de 125 euros.
« C'est beaucoup d'écoute et de réconfort. Elles ont besoin d'un moment pour parler, d'un endroit où déposer toute la pression liée au traitement.
On prend le temps de trouver le bon modèle. Elles veulent rester femme avant tout. C'est un vrai bonheur de les voir partir avec le sourire. »Des rencontres bouleversantes à l'image de cette jeune adolescente de 15 ans, atteinte d'une leucémie, qui s'est réconciliée avec le regard des autres. Site internet : www.ma-perruque.com Tél. : 09 67 88 69 47.

 


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